Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/144

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lait pas jusqu’à tenter une résistance inutile, et d’un autre côté l’agent du protecteur avait ordre de laisser la plantation maîtresse de ses destinées pourvu qu’elle reconnût la république. On fut donc bientôt d’accord sur des conditions sans doute remarquables par l’esprit de liberté qui règne dans tout ce que demandent les colons, mais plus remarquables encore par la générosité des instructions qu’avait données Cromwell.

Il fut convenu que le peuple de Virginie (c’est l’expression textuelle) conserverait toutes les libertés du peuple d’Angleterre ; que l’assemblée générale se réunirait comme auparavant et dirigerait les affaires de la colonie ; que les habitants auraient partout et avec toutes les nations la même liberté de commerce que les Anglais ; qu’on ne pourrait, sans le consentement de l’assemblée générale, imposer aucune taxe, faire aucune levée de deniers, construire des forts ou tenir des troupes sur pied. C’était l’indépendance la plus complète ; il n’y avait entre la colonie et la mère-patrie qu’un lien de suzeraineté.

La nouvelle du rétablissement de Charles II fut accueillie avec une joie universelle, mais qui ne fut pas de longue durée. Le nouveau roi eut de belles paroles pour la fidélité de ses serviteurs ; mais il traita la colonie avec ingratitude, et, suivant l’exemple de toutes