Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/152

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dispense et fait le commerce partout où son intérêt l’appelle. Je ne vois pas d’amélioration possible dans nos affaires si on ne nous laisse la liberté de transporter autre part que dans les domaines du roi, et nos bois et nos grains. »

Trente ans plus tard, Beverly consacrait un chapitre de son Histoire de Virginie au peu de soin qu’on a des manufactures en Virginie, sans se rendre compte que les coupables étaient non pas les planteurs, mais les Anglais, et sans se douter qu’il faisait la plus sanglante satire du système colonial.

On y reçoit d’Angleterre tout ce qui sert à s’habiller, comme les toiles, les étoffes de laine et de soie, les chapeaux et le cuir. Cependant il n’y a point d’endroit au monde où le lin et le chanvre soient meilleurs ; les brebis y sont d’un excellent revenu et portent une bonne toison, mais on ne les tond que pour les rafraîchir. Les mûriers dont les feuilles servent à nourrir les vers à soie croissent ici naturellement, et les vers à soie y prospèrent le mieux du monde. — Il y a grande apparence que les fourrures dont on y fait les chapeaux sont renvoyées dans le pays après en être sorties. D’ailleurs on y laisse pourrir une infinité de peaux, et l’on ne s’en sert qu’à couvrir quelques denrées sèches dans les maisons un peu délabrées… Malgré les vastes forêts qui couvrent le pays, on y fait venir d’Angleterre des meubles, des chaises, des fables, des coffres, des tabourets, des caisses, des roues de charrette, en un mot, toutes sortes d’ustensiles de bois, et qui pis est, des balais de bouleau, ce qu’on aura de la peine à croire[1].

  1. Beverly, p. 383.