Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/177

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user avec rigueur. L’amende, la prison, la mort frappaient les chefs des puritains, et comme toujours, au lieu d’éteindre le zèle, la persécution l’enflamma. Les puritains exaspérés, poussèrent leurs opinions aux dernières limites ; la haine de l’Eglise anglicane leur fit prendre en horreur toute autorité ecclésiastique ; les presbytériens qui avaient conservé un semblant de hiérarchie, parurent froids et politiques. On ne voulut plus souffrir aucune règle, aucune contrainte ; on demanda la liberté la plus absolue dans le gouvernement de l’Église. En deux mots, c’était le régime républicain dans la croyance, en attendant qu’il passât dans le gouvernement.

Le martyre, cette force irrésistible de la faiblesse, comme le nomme éloquemment Milton[1], doubla le nombre des puritains. En 1593, il fut dit dans le parlement, qu’il y avait plus de vingt mille individus fréquentant leurs réunions, et on proposa de les bannir comme l’Espagne avait fait des Maures. La déportation seule pouvait donner la conformité, car la rage des persécuteurs était impuissante, malgré le zèle de la haute commission pour les affaires ecclésiastiques, tribunal d’exception qui, pour la cruauté et le mépris des formes ne le cédait en rien à l’inquisition d’Espagne, qu’on abhorrait en l’imitant.

  1. Of reformation in England, book I.