Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/176

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imposer à force de douleurs cette tolérance, qui indique l’aurore d’un âge nouveau, la fin de l’importance qu’on attache aux formes de gouvernement. Qu’est-ce que Robespierre, sinon un puritain politique qui croit en l’infaillibilité de son esprit étroit et jaloux ? Qu’était-ce que cette accusation de modérantisme avec laquelle on menaçait la tête de tous les gens tièdes ou indifférents ? Révolution ou réforme, c’est le même spectacle. Dans ces fièvres de l’humanité, il n’y a plus que des partis extrêmes : persécuteur ou persécuté, victime ou bourreau ! C’est une guerre sainte où l’on poursuit la victoire ou le martyre, où l’on ne sent ni les coups portés, ni les coups reçus jusqu’au moment où l’ivresse du sang dissipée, il ne reste plus à tous que l’horreur et le remords.

Nulle part l’intolérance ne fut plus grande qu’en Angleterre. L’Église établie réclama avec passion l’extirpation de l’hérésie ; elle y intéressa la royauté que les puritains avaient blessée dans son orgueil et sa puissance. C’était une réflexion favorite de Jacques I, que l’intérêt de la monarchie était le même que celui de l’Église : Point d’évêque, point de roi, disait-il, No cross, no crown, et cette maxime fait encore aujourd’hui le fonds de la constitution anglaise.

Les lois du royaume armèrent de moyens violents Élisabeth, singulièrement disposée à en