Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/179

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bien que Dieu avec le diable. Et alors Jack, et Tom, et Will, et Dick auront le droit de se réunir, et à leur plaisir censureront et moi et mon conseil, et toute notre conduite. Et Will se lèvera et dira : Cela doit être ainsi ; et Dick répondra : Non vraiment, nous le voulons de telle façon. Et moi je vous réitère ma première parole et je dis : le roi s’avisera, le roi seul doit décider. » Puis, se tournant vers les évêques, il leur déclara que la hiérarchie était le plus ferme appui du trône. « Quant aux puritains, ajouta-t-il, je les rendrai conformistes ou je les chasserai du pays et pis encore : qu’on les pende et tout sera dit. Ainsi on n’avait rien à attendre de Jacques, aussi jaloux de son autorité qu’Élisabeth, et qui avec une sagacité toute royale, sentait la question politique qui brûlait sous la question religieuse ; et cependant, par une singulière fortune, ce fut l’intolérance du roi qui peupla l’Amérique et fit établir la première colonie de la Nouvelle-Angleterre. C’est à la persécution que la Grande-Bretagne doit ces établissements, qui aujourd’hui assurent la suprématie de la race anglaise, et lui donnent l’avenir.

Parmi ceux qui réduisirent en système les idées puritaines, un des plus hardis fut un certain Robert Brown, qui, en 1580, fonda une secte, une église qui porta quelque temps son nom.

Brown allait plus loin que les premiers puri-