Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/209

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ainsi son siège en Amérique ? Malgré l’avis favorable donné par quelques légistes d’Europe[1], il est permis d’en douter avec le plus grand jurisconsulte des États-Unis, le juge Story. Mais comme le remarque Robertson, peu favorable, il est vrai, aux émigrants : dès le premier jour, les planteurs du Massachussets ont été pris de l’esprit d’innovation en politique aussi bien qu’en religion, et l’habitude de rejeter les usages établis dans un cas, les avait préparés à s’en écarter dans un autre. Et si en Angleterre, ils avaient agi comme une compagnie de commerce qui a besoin d’une charte royale pour confirmer ses possessions, à peine débarqués en Amérique, ils se considérèrent comme des individus unis par une association volontaire, et ayant de droit naturel le choix du gouvernement, et des lois qui leur convenaient le mieux.

C’est d’après ce principe, c’est comme ayant le droit de juger et d’agir par eux-mêmes, que sans égard à leur charte, sans égard aux institutions anglaises, ils avaient organisé leur Église sur un modèle tout différent de l’Église établie, c’est avec la même indépendance qu’ils constituèrent leur gouvernement. Dès le premier jour, ce penchant fut visible. « Ce n’est pas à une nouvelle discipline, c’est à la souveraineté que prétendent les

  1. Everett, Orations, t. I, p. 228.