Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/213

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semble, mais les premiers réclamaient un droit de veto sur les décisions de l’assemblée. Les disputes qui s’élevèrent à ce sujet durèrent longtemps, et plus d’un judicieux sermon fait par les anciens sauva la prérogative des assistants. « Si le peuple gouverne, disait Cotton Mather, qui donc sera gouverné ? » Mais enfin il fallut céder ; et en 1644 on décida que la cour générale serait partagée en deux chambres distinctes et indépendantes, ayant chacune droit de veto. Ce système de gouvernement dura jusqu’à la révocation de la charte en 1684.

Telle fut la constitution que se donna le peuple de la nouvelle Angleterre. Les colonies de Rhode-Island, Connecticut et New-Hamsphire tirèrent leur origine du Massachussets, et en suivirent l’exemple.

On voit que moins de six ans après son établissement, la compagnie du Massachussets était parvenue à effectuer un projet qui dès le premier jour était dans l’esprit des émigrants. La colonie, dès ce moment, doit être considérée, non plus comme une corporation dont les pouvoirs sont définis et l’action réglée par l’acte de société, mais bien comme un État indépendant qui, de son propre mouvement, s’est choisi une constitution modelée sur celle de l’Angleterre.

Ainsi, en Amérique, la liberté politique est de même date que l’émigration, et, à bien considérer