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HUITIÈME LEÇON.
suite de l’histoire des colonies de la nouvelle-angleterre.
2. massachussets (suite).
Messieurs,

Nous avons laissé le Massachussets au moment où grâce à l’esprit de religion et à l’esprit de liberté qui les animait, les émigrants avaient achevé de fonder une église nationale et un gouvernement populaire, en se montrant jaloux au même degré de quiconque ne professait pas leur culte, et de quiconque osait restreindre leurs droits politiques.

La religion, c’était le roc sur lequel reposait l’État qu’ils avaient établi ; c’était le lien qui avait rassemblé et réuni les émigrants en nation : aussi poussaient-ils à l’extrême l’intolérance religieuse, croyant défendre ainsi leur patrie non moins que leur foi. Pour eux la contradiction n’était point la simple profession d’une opinion différente, c’était la menace, c’était l’invasion d’un ennemi. S’ils avaient fui en Amérique, c’était pour y trouver la terre promise aux seuls fidèles, et y fonder la nouvelle Jérusalem ; c’était pour jouir en paix