Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/223

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même écrit en leur faveur, et soutenu avec un esprit de justice peu commun, que la concession du roi d’Angleterre n’avait pu invalider le droit de propriété des premiers habitants.

Ce fut hors du territoire de la colonie de Massachussets, dans le district des Indiens Narragansets, et sur un sol qu’il devait à la générosité des deux Sachems, que Roger Williams, plein de confiance dans la protection de Dieu, fonda en 1636 la ville de Providence, abri destiné à toutes les consciences persécutées et dans lequel s’établirent immédiatement un certain nombre d’habitants de Salem, restés fidèles à leur pasteur[1].

Qu’on ne s’étonne pas de voir des hommes qui n’avaient échappé à la persécution que par l’exil, se faire aussitôt persécuteurs ; c’est l’éternelle histoire de tous les partis en politique comme en religion. Ce n’est que d’hier que nous comprenons la tolérance ; nous n’en sommes pas encore à l’égalité des cultes. En Amérique c’est un fait acquis, une idée passée dans les mœurs, mais il a fallu un siècle pour que les principes séditieux de Roger Williams fussent trouvés raisonnables. À des vérités nouvelles il faut des générations nouvelles, c’est ce que n’entend jamais l’impatience des réformateurs.

À l’époque où parut Roger William, écrivait en 1739 le

  1. Bancroft, I, 379.