Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/255

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sinage qui eût trahi la ressemblance des deux communions.

L’histoire du Maine est à peu près celle du New-Hampshire.

Tandis que, sur la demande du grand conseil de Plymouth, le roi concédait à Mason le territoire de la première colonie, il créait sir Ferdinando Gorges lord palatin de la province de Maine, avec tous les pouvoirs, juridiction et droits royaux appartenant à l’évêque du comté palatin de Durham. La charte était faite sur le modèle commun, mais elle réservait la suzeraineté de la couronne, et stipulait expressément en faveur de l’Église anglicane.

Sir Ferdinando Gorges envoya son neveu Thomas Gorges prendre la direction de la colonie ; et en 1640 on tint une cour générale à Saco, sous les auspices du lord propriétaire, qui avait dressé un plan de gouvernement complet sur papier, avec des députés et des conseillers, un trésorier, des chanceliers, tout l’appareil d’un empire pour une poignée de paysans ! La même année, un bourg de trois cents habitants devint la ville de Georgiana[1], et on lui donna toujours sur le papier l’organisation de Londres : maire, aldermen, cour de chancellerie, sergents, huissiers, et le reste. Il eût fallu plus d’un siècle, et une émigration qui n’existait

  1. Aujourd’hui elle se nomme York.