Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/267

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de l’éloignement, nous perdrons les libertés et les franchises des Anglais. »

Voici, du reste, leur lettre au parlement ; elle est d’un ton qui contraste avec la réponse rude et sévère qu’ils avaient adressée à Charles Ier ; mais elle contient plus d’un enseignement. C’est un avis pour nous, qui tenons toujours à ce gouvernement à distance, quoiqu’il ait empêché la fortune de nos anciennes colonies, quoiqu’il entrave encore la prospérité de l’Algérie.

« Un ordre venu d’Angleterre, disent-ils[1], est préjudiciable aux libertés que nous donne notre charte, et à notre prospérité dans cette partie reculée du monde. Les temps peuvent changer, car toutes choses ici-bas sont passagères, et il peut s’élever d’autres princes et d’autres parlements. Ne donnez pas aux générations qui viennent l’occasion de se plaindre, et de dire : « L’Angleterre a envoyé nos pères avec d’heureuses libertés dont ils ont joui pendant plusieurs années, nonobstant l’inimitié de l’épiscopat et d’autres puissants adversaires, et cependant ces libertés ont été perdues au moment où l’Angleterre même a reconquis la sienne. » Nous avons surmonté les dangers de la mer, périrons-nous dans le port ?

« Nous n’avons pas admis d’appel à votre auto-

  1. Bancroft, I, 441.