Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/273

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doublés et triplés, cela ne ferait point encore un traitement considérable pour un seul de ces gentilshommes. Le peuple n’y pourra rien fournir, et il sera difficile de trouver un autre peuple qui puisse supporter en ce pays quelque charge considérable, car c’est une terre où l’on ne peut subsister que par un rude travail et une grande frugalité.

« Dieu sait que notre plus grande ambition est de vivre d’une vie tranquille dans ce coin du monde. Nous ne sommes pas venus dans le désert pour y chercher la fortune ; et si quelqu’un y vient dans cet espoir, il sera déçu. Nous restons dans notre ligne ; et il est loin de nos cœurs de méconnaître notre juste dépendance, notre sujétion envers Votre Majesté, conformément à notre charte. Nous ferons volontiers tout ce qui sera en notre pouvoir pour acheter la continuation de vos bonnes grâces ; mais c’est un grand malheur qu’on ne nous demande d’autre témoignage de notre loyauté que de sacrifier nos libertés qui nous sont bien plus chères que la vie, car pour les obtenir nous avons volontairement risqué plus d’une fois nos jours et passé au travers de mille morts.

« Ce fut le mérite de Job, quand il siégeait comme roi parmi son peuple, d’être un père pour le pauvre. Un pauvre peuple, dénué de tout secours extérieur, sans richesse, sans puissance, crie maintenant vers le roi son seigneur. Daigne