Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/300

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comment aujourd’hui, ainsi qu’au xviie siècle, l’Amérique peut servir de modèle à l’Europe par un certain côté, et cependant en prendre aussi plus d’une leçon.

Quand vous lirez dans les journaux certains actes, certaines brutalités qui nous répugnent ; quand on vous parlera des duels de l’Arkansas ou de quelque nouveau territoire où la civilisation n’est pas encore entrée ; quand on vous fera la triste peinture de l’esclavage dans le Sud, et, ce qui est plus triste encore, quand vous entendrez dans la bouche d’un ministre de Dieu la justification de cet abus abominable, vous sentirez qu’il y a là des causes d’infériorité qui ne tiennent point aux formes politiques, et dont il est injuste d’accuser la constitution ; vous sentirez également combien les deux continents peuvent s’enrichir par de mutuels échanges, et je ne parle pas du commerce matériel, mais de ce commerce moral qui, faisant profiter la France de l’esprit politique des États-Unis, porterait à l’Amérique l’esprit de sociabilité, le goût des arts et des lettres, en un mot, la civilisation de l’Europe.

Cette digression nous a peut-être menés un peu loin, mais je ne le regrette pas, car elle est dans la pensée de ce cours. Je ne suis pas ici pour comparer des textes de lois, car, si vous avez bien compris mes idées, ces lois ne disent rien par elles-mêmes. C’est le génie des peuples qu’il faut