Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/331

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catholique le repos, que seule cette communion offre aux esprits fatigués, puisque seule elle décharge le fidèle du soin d’édifier sa croyance et de raisonner sa foi.

Mais si lord Baltimore avait trouvé un abri pour les inquiétudes de son âme, il s’était jeté dans des périls nouveaux, et l’amitié du roi ne pouvait le laisser indifférent aux persécutions que souffraient ses coreligionnaires. Les catholiques formaient un parti considérable ; ils avaient pour eux le respect qui s’attache au passé et à la fidélité des convictions ; Jacques I les ménageait, car outre qu’il rêvait de quelque arrangement avec le pape, la doctrine de l’obéissance absolue ne déplaisait pas au roi ; mais ils avaient contre eux les puritains et les anglicans, toujours prêts à s’entredéchirer, hormis quand il fallait se défendre ou marcher contre l’ennemi commun. Le souvenir de la sanglante Marie, la terreur de l’Armada, le complot des poudres, la réaction religieuse qui se faisait sur le continent sous l’influence des jésuites, tout se réunissait pour animer l’opinion contre les catholiques, et plus encore que les puritains ils avaient à craindre la persécution.

Lord Baltimore pensa donc à une émigration qui permît aux catholiques d’aller demander à des cieux moins incléments la liberté que leur refusait la mère patrie. Après un premier essai à Terre-Neuve, qui ne réussit pas, il songea à la Virginie,