Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/332

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dont on élevait si haut le climat et le sol, et en 1628 il se rendit dans la plantation. Il y fut reçu en papiste, c’est-à-dire comme on eût fait d’un ennemi. La Virginie, fondée sous les auspices de l’Eglise anglicane, tirait vanité de sa parfaite conformité et ne voulait point souffrir un seul dissident sur son territoire. Dès l’arrivée de lord Baltimore l’assemblée décida qu’on lui présenterait le serment d’allégeance et de suprématie, tel que l’établissait la loi d’Angleterre, c’est-à-dire conçu en des termes qu’un catholique ne pouvait accepter.

Il était impossible de fonder une colonie catholique parmi des protestants aussi zélés ; lord Baltimore pensa donc à un établissement nouveau sur les bords du Potomac, le long de la baie de Chesapeake, espèce de mer intérieure qui reçoit de grands fleuves navigables, et dont un côté seulement était occupé par la Virginie.

C’était un pays admirable que convoitaient les Français, ainsi que les Hollandais et les Suédois établis dans le voisinage, et il était important de coloniser si l’on voulait assurer ce beau domaine à l’Angleterre. Ce territoire avait été compris dans la charte de Virginie ; mais la compagnie étant dissoute, il avait fait retour à la couronne. Pouvait-elle rien refuser à un fidèle serviteur, à un homme qui ne demandait au roi que le droit d’étendre la puissance de son maître sur un pays inoccupé ?