Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/337

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Dès l’année 1633, lord Baltimore envoya prendre possession du Maryland par Léonard Calvert, son fils, qu’il nomma gouverneur de la province. L’expédition comptait deux cents émigrants ; c’étaient pour la plupart des gens riches et bien nés, qui quittaient l’Angleterre par attachement à la foi catholique. À leur arrivée sur les bords du Potomac, au point où ils fondèrent la ville de Sainte-Marie, ils trouvèrent un établissement d’Indiens, qu’ils traitèrent comme les légitimes possesseurs du sol. On ménagea les sauvages avec tant de douceur, qu’ils cédèrent aux nouveaux venus leurs terres et leurs cultures ; ce furent les femmes indiennes qui apprirent aux femmes des colons à faire du pain de maïs. De cette façon la plantation, aidée du reste par les ressources qu’offrait le voisinage de la Virginie, ne connut point les rudes et difficiles commencements des autres émigrations, et se développa plus en six mois que la Virginie n’avait pu le faire en plusieurs années.

Ce ménagement des Indiens fut la politique constante du Maryland ; aussi, à la différence des autres colonies, la province n’eut-elle presque jamais à souffrir du voisinage des Indiens. Guillaume Penn, dont les philosophes du dernier siècle ont un peu surfait le mérite, ne fut donc point le premier qui traita les indigènes avec humanité. Mais ce qui est non moins digne de mémoire que l’humanité envers les Indiens, c’est qu’à une épo-