Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/342

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


le droit divin tombaient dans la métropole, quand tout pouvoir héréditaire était abattu, il était difficile que la petite monarchie de lord Baltimore pût se maintenir. Les droits prétendus par le propriétaire faisaient au Maryland une condition à part et presque illégale dans la démocratie anglaise.

L’autorité du lord propriétaire fut emportée par l’orage. Des commissaires puritains s’emparèrent du pouvoir, supprimèrent le privilège de lord Baltimore et détruisirent la chambre haute ; c’était une conséquence forcée de la révolution d’outremer ; mais, chose triste à dire, le premier soin des vainqueurs fut de proscrire le papisme, c’est-à-dire la religion qui les avait protégés. Cromwell ne ratifia point cet acte d’ingratitude ; il écrivit aux commissaires de ne point s’affairer après la religion, mais d’établir le gouvernement civil. En véritable politique, il penchait vers la tolérance et voulait, disait-il, que les différentes sectes fussent plantées ensemble dans le désert, comme le cèdre, le myrte et l’olivier.

La restauration amena le rétablissement du lord propriétaire, et avec lui le retour de la liberté. Les émigrés de tous pays, les huguenots de France, les proscrits de l’Allemagne, de la Bohême, de la Hollande, de la Suède, vinrent chercher un refuge dans cette patrie commune des exilés pour cause de religion, et y appor-