Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/357

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tout l’univers s’intéresse à la destinée de ce malheureux navigateur.

Au xvie siècle l’effort des nations commerçantes n’était pas moins énergique qu’aujourd’hui, car on avait d’autant plus d’espoir qu’on avait une connaissance moins exacte des obstacles que la nature oppose à la navigation dans ces mers enchaînées par des glaces perpétuelles. Parmi les hardis marins qui essayèrent ce dangereux voyage, l’un des plus résolus fut l’anglais Henri Hudson. Après deux expéditions faites pour le compte de marchands anglais et dans lesquelles il avait pénétré plus près du pôle qu’aucun de ses devanciers, il obtint une commission de la Compagnie des Indes-Orientales d’Amsterdam, et partit sur le navire le Croissant. Il toucha au cap Cod, puis, descendant au midi, il reconnut le fertile et beau pays compris entre la Delaware et le fleuve qui porte aujourd’hui son nom, et appela l’une la rivière du sud et l’autre la rivière du nord.

C’est donc Hudson qui le premier découvrit l’île de Manhattan. C’était alors un désert, c’est aujourd’hui New-York, la Venise du nouveau monde, et qui, plus heureuse que l’ancienne, a derrière elle le plus beau réseau de navigation naturelle qui existe sur la terre, cette suite de lacs et de fleuves qui la mettent en communication avec le Canada, l’Ouest et la Nouvelle-Orléans.