Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/356

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qu’une population de moins de vingt mille habitants et qui aujourd’hui, en y comprenant Brooklyn qui n’est qu’un de ses faubourgs, compte plus de six cent mille âmes. Telle est l’influence de la liberté sur la prospérité nationale !

Un pays comme la Hollande, où abondaient les hommes de mer et les capitaux, devait rêver de colonies, et de bonne heure nous y voyons fonder une grande Compagnie des Indes Occidentales. C’est sous cette forme, c’est par le régime des compagnies qu’en Hollande surtout, dans une république tout aristocratique, ou pour mieux dire toute composée de corporations, on pouvait obtenir les capitaux et les moyens suffisants pour installer et gouverner un Etat.

Toutefois ce ne fut point de propos délibéré que les Hollandais s’établirent dans l’Amérique du Nord. Ce fut une expédition au nord-ouest qui leur fit connaître le futur État de New-York. Nous avons vu qu’au xvie siècle toutes les nations commerciales cherchaient au nord-ouest un passage qui, s’il existe, abrégerait singulièrement la navigation de l’Europe aux Indes. C’est un projet qui n’est point abandonné de nos jours, que M. Chateaubriand a rêvé dans sa jeunesse, quand il partit pour l’Amérique, et à l’exécution duquel l’Angleterre a consacré des sommes immenses. Les noms de Parry, de Ross, de Franklin vous sont connus, surtout en ce moment où