Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/361

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en culture. Il pouvait fonder un domaine de seize milles en longueur, et si une ville se formait sur ce territoire, c’est au patron qu’il appartenait d’instituer l’administration et d’exercer le pouvoir judiciaire, sauf appel. C’est en vertu de cet acte qu’un petit nombre de patrons se partagèrent le sol de la colonie, et que notamment la famille Van Renselaer devint propriétaire du territoire qui entourait le fort Orange, territoire qui, pour une grande part, est encore aujourd’hui entre ses mains, et en fait une des plus riches familles du monde[1].

Il y avait loin de cette société, d’où la vie politique était absente, à l’énergique constitution de la Nouvelle Angleterre, et il est aisé de comprendre comment les progrès de la colonie hollandaise furent lents à côté de ceux des puritains. Qu’était-ce que ces paysans, fermiers d’un patron dépendant lui-même d’une compagnie, auprès de ces rudes propriétaires du Massachussets ou du Connecticut, qui ne relevaient que d’eux-mêmes[2] ?

Ces concessions, le patron les faisait à perpétuité, moyennant une redevance en nature assez légère, et que les progrès de la culture ont rendue

  1. Sur cette colonisation hollandaise, voyez le curieux livre de G. N. Asher : Bibliographical and historical Essay on the Dutch Books and pamplets relating to New-Netherland, and to the Dutch West India Company. Amsterdam, 1854, livraisons 1-2.
  2. Asher, p. 6-10.