Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/370

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Avant qu’on eût prévenu les Hollandais des hostilités qui les menaçaient, une escadre anglaise se présenta, en septembre 1664, devant Manhattan pour qu’on y reconnût le duc d’York. Le gouverneur était un vieux et brave soldat, mais il n’avait aucunes forces à sa disposition. Appeler les colons anglais, c’était, suivant l’expression même de Stuyvesant, introduire dans les murs le cheval de Troie : « Vous ne vous imaginez pas, écrivait-il, combien la Compagnie est maudite et méprisée ; les habitants déclarent que les Hollandais n’ont jamais eu aucun droit sur ce pays. » Et non-seulement les Anglais ne se prêtèrent point à défendre la colonie hollandaise contre leurs compatriotes ; mais les Hollandais eux-mêmes, jaloux de la Compagnie et du directeur, laissèrent tomber un gouvernement qui n’était même pas pour eux le gouvernement national. La reddition se fit sous les auspices de la corporation municipale de la Nouvelle-Amsterdam. Aux termes de la capitulation[1] les habitants conservèrent leurs propriétés, leurs libertés municipales et leur loi de succession qui établissait l’égalité de partage. Ils se réservèrent aussi le libre commerce avec la Hollande. On confirma les privilèges de l’Église réformée hollandaise et la liberté religieuse des autres colons ; enfin on promit que

  1. Hist. de la Nouvelle-York, p. 45.