Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/397

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


développer en toute liberté. Ce départ, souvent regretté, fut heureux pour la plantation et pour la tranquillité de son fondateur. Il avait établi la démocratie, mais lui-même était un souverain féodal. C’était là, dans un même gouvernement, deux éléments incompatibles, et pendant près d’un siècle l’histoire intérieure de la Pensylvanie n’offre que la lutte de ces intérêts opposés. Dès 1686, on voit le peuple, sans en avoir conscience, poursuivre le but qu’il ne devait jamais perdre de vue : l’affaiblissement des droits qui restaient à Penn, comme souverain et comme propriétaire. Penn s’était attribué de larges portions de territoire en propriété privée ; lui seul pouvait acheter le sol aux Indiens ; et enfin il s’était réservé les redevances coutumières, la quitrent sur les terres qu’il vendait. Après lui ce sont des querelles perpétuelles entre ses fils et les planteurs, au sujet du gouvernement, de la préemption des terres indiennes, de la quitrent qu’on veut consacrer au service public. Toutes ces discussions ne se terminèrent qu’à la révolution, où les droits de la famille Penn furent achetés par la colonie moyennant une indemnité de 130 000 livres sterling. La Pensylvanie, devenue État indépendant, considéra que, dans la rigueur du droit, la révolution l’avait affranchie de toute souveraineté et que les droits de la famille Penn étaient abolis comme ceux de la famille Baltimore dans le Maryland ; mais elle vou-