Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/434

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de cette religion, mais qu’au contraire ayant l’occasion de connaître tout ce qu’il y a de vrai et de raisonnable dans ses doctrines, et combien ceux qui la professent sont pacifiques et inoffensifs, on puisse les amener à embrasser et à recevoir sans feinte la vérité, par de bons traitements, par la persuasion, et par ces moyens de douceur et de bonté, seuls modes de conviction qui s’accordent avec les règles et les desseins de l’Évangile ; pour toutes ces causes, toutes personnes, au nombre de sept ou plus, ayant une même religion quelle qu’elle soit, pourront constituer une Église à laquelle elles donneront un nom pour la distinguer des autres Églises.

Art. 106. « Personne ne pourra parler d’une autre Église en termes de reproches, de mépris ou avec violence : ce langage étant le moyen sûr de troubler la paix et d’empêcher les gens de se convertir à la vérité, en les engageant dans des querelles et des animosités, et en leur faisant haïr les fidèles et la religion qu’autrement peut-être on leur aurait fait adopter. »

Du reste, cette tolérance de l’État n’était rien moins que l’indifférence. À dix-sept ans, tout habitant devait déclarer à quelle communion il appartenait, et se faire inscrire dans une église ; autrement il ne pouvait invoquer la protection des lois. On n’était citoyen de la Caroline qu’en reconnaissant qu’il y a un Dieu, et que Dieu doit être honoré publiquement[1].

Dans cette disposition, on reconnaît l’œuvre d’un homme tel que Locke, vraiment pieux, et qui avait pris l’Écriture pour règle de sa vie,

  1. Art. 9, 98, 100 et 101.