Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/470

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toute concession de terre ou tout autre avantage dans la plantation.

C’est à cette corporation qu’on remettait la souveraineté législative ; mais les lois ne devaient être en vigueur qu’après avoir été approuvées par le roi en son conseil. Quant au pouvoir exécutif, il était exercé par un conseil de trente-quatre personnes, dont quinze étaient nommées dans la charte et devaient conserver leur place quoad se bene gesserint, c’est-à-dire à vie ; quant aux autres, on en laissait la nomination aux commissaires, qui devaient élire à toutes les vacances.

C’était le conseil qui faisait les concessions de terre ; cinquante acres étaient données à tout émigrant, moyennant une quitrent de dix schillings ; mais il était défendu d’accorder plus de cinq cents acres à la fois. On voulait éviter les grands domaines et ces accaparements de territoire qui, en Virginie et en Caroline, avaient donné lieu à des abus sérieux et à de justes plaintes. En d’autres termes, on voulait faire une colonie modèle, qui fût tout ensemble une œuvre de bienfaisance et de politique, et en même temps on repoussait le monopole des compagnies et des propriétaires.

La charte accordée, les souscriptions affluèrent. Le clergé y mit une chaleur extrême ; le parlement donna dix mille livres sterling. On attendait des merveilles de cette fondation. On voyait déjà la prison pour dettes abolie, la taxe des pauvres