Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/475

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du Seigneur. C’est l’origine du caractère religieux qui distingue les nègres de la Géorgie.

S’il avait été difficile d’empêcher rétablissement de l’esclavage, il était plus impossible encore de retenir les planteurs dans une colonie naissante où les terres sont la seule richesse, en leur montrant en perspective la dépossession de leurs femmes et de leurs filles, comme conséquence d’un État militaire. L’égalité de succession établie dans les autres plantations, ne laissait point de place dans la Géorgie aux essais de quelques théoriciens.

Enfin, quel que fût le motif qui eût fait prohiber l’introduction des esprits, les conséquences de cette mesure étaient désastreuses ; car, d’une part, l’usage des spiritueux était nécessaire pour corriger les mauvaises qualités des eaux, et, de l’autre, on favorisait la contrebande, c’est-à-dire la plus corruptrice des industries.

Sous ce régime de restrictions, la Géorgie ne fit que languir. En 1751, après vingt ans d’efforts désintéressés, après des sacrifices considérables (le Parlement seul avait donné 136 000 livres sterling, plus de trois millions) ; quand les commissaires rendirent leur charte, la colonie ne comptait que trois petites villes et quelques plantations dispersées, avec dix-sept cents habitants libres et quatre cents nègres. Les exportations, pendant les trois dernières années, n’avaient pas dépassé 80 000 francs.