Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/476

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


C’est là une de ces leçons comme l’Amérique nous en offre tant, une preuve nouvelle que la colonisation par l’État est toujours la plus coûteuse et la moins profitable, car elle ôte le suprême ressort de ces difficiles établissements : le sentiment individuel, la nécessité de se tirer d’affaire à tout prix et par ses seuls efforts.

Pater ipse colendi
Haud facilem esse viam voluit, primusque per artem
Movit agros, curis acuens mortalia corda[1].

Le besoin et la certitude de se gouverner soi-même, d’être maître absolu de son travail et de sa vie, voilà les deux conditions de succès pour toute entreprise humaine ; c’est dans l’extrême liberté et dans l’extrême responsabilité qu’on trouve l’énergie qui fonde les colonies ; ce sont les deux seules forces dont jusqu’à présent nous n’ayons pas su nous servir.

Sortie de ces premiers embarras, et devenue province royale, la Géorgie fit des progrès rapides. À l’époque de la révolution d’Amérique, elle était en bonne position, quoique sa population n’atteignît pas cent mille habitants.

Nous voici au bout de cette longue histoire des colonies qui, j’espère, n’a pas été toujours sans intérêt, et qui certes ne sera pas sans profit.

Vous y avez vu comment l’esprit de liberté et

  1. Virgile, Géorg., I, 121 et suiv.