Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/493

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vous rappelez peut-être que lord $ay, un favori des ministres puritains, demanda rétablissement d’une chambre héréditaire, pour apporter à la colonie son expérience et sa fortune, et que cette demande fut unanimement rejetée par les planteurs.

Ce goût d’une représentation nationale, ce droit de voter l’impôt avaient régné en France avec autant de vivacité qu’en Angleterre. Il suffit de lire les remontrances des états généraux au xvie siècle pour ressaisir ces traces de l’esprit de liberté ! Mais chez nous la monarchie absolue qui commence, non pas à Louis XIV mais aux Valois, étouffa de bonne heure ce germe précieux ; en Angleterre, au contraire, rien n’en arrêta les jets vigoureux. La révolution même ne fit que lui donner une énergie nouvelle que n’abattit point la Restauration. Depuis le règne de Charles II il n’y a pas d’exemple d’une colonie fondée sans une représentation ; il n’y a pas d’exemple non plus de tentative faite pour priver les plantations de ce droit des citoyens anglais, si l’on excepte les folles entreprises de Jacques II, qui menèrent ce malheureux prince à sa ruine.

Le principe ne fut donc jamais contesté en Angleterre, mais plusieurs fois on disputa sur sa nature, et ces disputes nous montrent sous un jour plus vif l’esprit libre et démocratique des colons. Dans les gouvernements de propriétaires