Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/492

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La Virginie, colonie entreprise par une compagnie, œuvre privée de quelques actionnaires, fut administrée, pendant quelques années, par un gouverneur et un conseil, dont la nomination comme la révocation ne dépendait pas du peuple ; mais la plantation se révolta contre ce régime inconnu, et dès 1620, c’est-à-dire moins de quinze ans après la fondation de la Virginie, on voit paraître une chambre de bourgeois. C’est la colonie qui se donne elle-même ces libertés auxquelles n’a pas songé le roi.

Si la Virginie à l’origine n’était qu’une compagnie, le Massachussets n’était qu’une Église ; aussi dans les premières années le gouverneur et les assistants conduisirent-ils le peuple comme avaient fait les juges d’Israël, et le peuple y consentit. Mais cette organisation ne dura pas plus de deux ou trois ans, et quoique dans la charte rien n’autorisât une représentation coloniale, en 1634 on vit tout à coup apparaître une assemblée, acclamée par les planteurs, au grand étonnement des magistrats, au grand effroi de quelques ministres. L’histoire du Massachussets est celle du Connecticut, de New-Haven, du New-Hampshire ; partout le peuple entend n’obéir aux lois, et ne payer d’impôts qu’autant que par ses représentants il a voté les unes et les autres.

Et cette représentation, c’est la représentation mobile, révocable d’une démocratie ; car vous