Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/50

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


C’est ainsi qu’en exagérant les moyens on dépasse le but, et qu’on énerve la répression en croyant la fortifier. Et cette vérité même que nous poursuivons, combien n’en rendons-nous pas la découverte difficile, en terrifiant l’accusé, en le séquestrant, en le séparant de ses conseils, de ses amis, de ses papiers, en le forçant à fuir pour éviter la prison, en le contraignant d’attendre à l’étranger, pendant des années entières, les résultats douteux d’une instruction sans contradicteur, quand sa présence eût souvent en peu de mots désarmé l’accusation et peut-être confondu la calomnie !

De pareils exemples ne sont pas rares ; il serait facile de mettre un nom sous chacune de ces allégations ; et si les partis, en arrivant au pouvoir, n’oubliaient point le passé, ou songeaient à l’avenir, il y a longtemps qu’en des temps de révolution comme les nôtres, on eût, ne fût-ce que par prudence, emprunté ces pratiques libérales à l’Angleterre et à l’Amérique.

Je ne vous parle point de la liberté industrielle, de la liberté du travail, plus considérable, mieux entendue aux États-Unis qu’en France. Quoique l’économie politique rentre dans notre domaine, par la part chaque jour plus grande qu’elle prend dans la législation, je ne veux pas empiéter sur le ressort d’un homme qui honore cette chaire par son courage et son