Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/534

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et les idées ; mais la nature est la même, la lutte avec elle n’est pas moins rude, par conséquent la conclusion que nous tirerons sera légitime.

Supposez donc un émigrant qui veut s’établir dans l’Ouest avec sa famille : il part, il emmène avec lui quelque bétail, quelques outils, quelques provisions, toutes ressources qui manquaient au début de la plantation. Le premier soin du nouveau colon est de chercher l’endroit où il veut s’établir ; il s’adresse donc au Régistrator des terres publiques, afin de connaître les terres qui sont à vendre dans le comté. Ces terres sont arpentées et divisées par toute l’Amérique, suivant un système uniforme et qui rappelle en plus d’un point le droit agraire des Romains. On sait que chez les Romains, quand il s’agissait de partager les terres publiques (et c’était là le but des Leges agrariæ) des arpenteurs, ou agrimensores tiraient suivant une certaine orientation, ordinairement du nord au midi, une ligne droite, nommée kardo, coupée à angles droits par une ligne transversale nommée decumanus ; puis, traçant une suite de lignes parallèles à ce kardo maximus et à ce decumanus maximus, ils partageaient le sol en un certain nombre de carrés ou centuries, qu’on assignait ensuite aux colons.

Il en est de même en Amérique ; les arpenteurs tracent un carré, ayant de côté six milles anglais, ce qui donne une surface de trente-six