Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/542

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de leur côté elle serait restée dans leurs mains, ou en la donnant ils se seraient réservé le droit de retour. La succession se divise par souches et non par têtes, les parents plus éloignés sont préférés aux parents plus proches mais qui ne descendent pas de l’auteur commun ; des substitutions enchaînent le sol indéfiniment ; en un mot, tout est subordonné, tout concourt au maintien de cet être de raison qu’on nomme la famille. Voilà l’esprit de la loi anglaise.

Dans les colonies il était difficile de conserver une pareille législation en face des idées puritaines si favorables à l’égalité, et de cette égalité forcée qui sortait de la culture même du sol. En ce point vous allez voir combien, parmi des hommes de même race, la différence des circonstances ( et aussi celle des idées religieuses) amena de variété dans les institutions.

Les plantations du Midi, en y comprenant la Virginie, devinrent des colonies à esclaves, c’est-à-dire qu’il y eut comme en Angleterre, et avec bien plus de force encore, une classe d’hommes qui se reposait pendant qu’une autre travaillait pour elle. Il fut donc aisé de rester fidèle aux usages de la métropole. À l’époque de la révolution, la propriété dans le Sud était encore partagée en grands domaines et possédée par les familles des anciens planteurs ; les branches cadettes dépendant en mille points de la branche aînée, qui avait ainsi