Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/559

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une invitation formelle que le regret de le voir s’exposer, en entreprenant une histoire à laquelle il n’était pas préparé.

Nous serons sans doute fort obligé à quiconque en Europe daignera nous faire part de ses idées ; mais en général la théorie des gouvernements est aussi bien entendue en Amérique qu’en Europe, et il s’y trouve un grand nombre d’individus qui comprennent toutes les conditions d’un gouvernement libre infiniment mieux que l’abbé de Mably ou M. Turgot, quels que soient d’ailleurs l’amabilité, la science et l’esprit de ces messieurs.

À M. l’abbé de Mably.

« C’est avec plaisir que j’ai appris votre dessein d’écrire sur la révolution américaine, parce que vos autres écrits, qui sont beaucoup admirés des Américains, contiennent des principes de législation, de politique et de négociation qui sont parfaitement analogues aux leurs ; de sorte que vous ne pourrez guère écrire sur ce sujet sans produire un ouvrage qui servira à l’instruction du public, et surtout à celle de mes concitoyens. Mais j’espère que vous ne m’accuserez pas de présomption, d’affectation ou de singularité, si je hasarde de vous dire que je suis d’opinion qu’il est encore trop tôt pour entreprendre une histoire complète de ce grand événement, et qu’il n’y a personne, ni en Europe, ni en Amérique, qui, jusqu’à présent, soit en état de la faire, et qui ait les matériaux requis ou nécessaires pour cela.

« Pour entreprendre un tel ouvrage, un écrivain devrait diviser l’histoire de l’Amérique en plusieurs périodes :

« 1° Depuis le premier établissement des colonies, en 1600, jusqu’au commencement de leurs brouilleries avec la Grande-Bretagne, en 1761 ;

« 2° Depuis ce commencement (occasionné par un ordre du bureau de Commerce et des Plantations dans la Grande-Bretagne, donné aux officiers de la douane en