Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/62

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l’Amérique peut très-bien être nuisible à la France. Mais, d’un autre côté, ne rejetons pas l’expérience parce qu’elle n’a point été acquise sur notre sol ; sachons distinguer le particulier du général, ce qui est de l’essence d’un gouvernement libre de ce qui est purement américain ; en deux mots, ne copions pas la constitution des États-Unis, mais profitons des leçons qu’elle renferme, et, tout en restant Français, ne rougissons pas de suivre les exemples et d’écouter les conseils qu’a donnés un Washington !

Ainsi, comprenez-le bien, ce que je veux vous faire connaître, ce n’est point le mécanisme de quelques ressorts politiques, mécanisme qui change d’effets en changeant de pays, et amène souvent des résultats tout opposés à ceux qu’on en attendait, comme fit la charte de 1814 au grand étonnement de ses auteurs ; ce que je vous propose pour exemple, c’est l’esprit qui a produit les institutions américaines, c’est l’idée qui les a inspirées ; car cette idée, elle est vôtre dès que vous en sentez l’utilité ; car cet esprit est à vous dès que vous en comprenez la puissance ; et peu importe ensuite la façon dont cette idée s’incorpore dans nos lois ; ce n’est plus qu’un détail d’exécution sans grande valeur. Ce ne sont pas les formes d’une constitution qui donnent ou conservent la liberté, c’est l’esprit qui l’anime et qu’elle communique au pays.