Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/69

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nouveau plan qui ne vaudra pas mieux que l’ancien ; cette machine, on la fait produire. En peu de mots, tandis que nous sommes comme un malade qui se retourne sur son lit de douleurs sans trouver le repos, et qui essaye de tous les remèdes sans que le changement fasse autre chose qu’aigrir sa souffrance, l’Amérique jouit de son gouvernement, comme un homme bien portant jouit de la santé et de la vie, et en use au lieu d’y songer.

Que n’en sommes-nous là ? le problème serait résolu et la France tranquille. Le but suprême de la politique, nous l’oublions toujours, ce n’est pas de changer la nature humaine, de poursuivre d’impossibles chimères ou de fatiguer l’esprit et l’activité d’un peuple par ces débats constitutionnels aussi ridicules et aussi stériles que les querelles théologiques du Bas-Empire, c’est de donner à chaque citoyen le libre usage de ses forces, parce que ce libre usage est pour l’individu comme pour l’État la condition du bien-être et du progrès. Voilà ce que les Américains ont senti : ils n’ont demandé à l’État que ce que les formes politiques peuvent donner, une sérieuse garantie de la liberté. Rien de plus, rien de moins. Cette garantie, ils l’ont obtenue plus complète qu’aucun des peuples anciens ou modernes, et c’est là ce qui rend si instructive l’étude de leurs institutions.