Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/77

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en Amérique, combien ces principes, qui font la substance même de la constitution et que nous avons tant de peine à implanter en France, le gouvernement parlementaire, le vote de l’impôt, le jury, la milice, la liberté civile, religieuse, administrative, étaient depuis longtemps des privilèges incontestés, des droits acquis, quand les fondateurs de l’Union, réunissant ces libertés, les déposèrent toutes ensemble dans l’arche sainte de la constitution.

Au lendemain de la victoire il n’y eut rien de changé dans les institutions politiques ; tout se réduisit à la création d’un pouvoir central qui réunit en faisceau les colonies, et de treize États indépendants fit une puissante fédération. Encore verrons-nous que, pour établir le gouvernement fédéral, on prit modèle sur les anciennes chartes coloniales, et qu’on ne fit qu’appliquer à des besoins nouveaux, et sur une plus grande échelle, des institutions anciennes et profondément enracinées dans l’esprit public. Ainsi, tout nous ramène à l’étude de l’histoire, puisqu’il n’est pas une seule des lois fédérales qui n’ait sa source dans le passé.

C’est, du reste, ce qu’ont senti les historiens et les jurisconsultes américains, et à leur tête, Marshall dans sa Vie de Washington, Story, notre guide et notre modèle, dans l’Exposé de la constitution des États-Unis. Tous ont commencé par