Page:Laboulaye - Histoire politique des États-Unis, tome 1.djvu/84

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de droit que les autres puissances de l’Europe, alors toute catholique, était au moins singulière : aussi l’Angleterre, la France, la Hollande, sans tenir compte de la bulle d’Alexandre VI, poussèrent leurs découvertes, leurs conquêtes et leurs colonies dans les Indes occidentales, et à cette occasion soutinrent de longues guerres avec l’Espagne et le Portugal, qui prétendaient garder le monopole du nouveau continent.

Dès l’an 1496, Henri VII d’Angleterre, en vertu d’un droit tout aussi respectable que celui du pape, donna à Jean Cabot, Vénitien entreprenant, depuis longtemps établi à Bristol, une commission semblable à celle que Ferdinand et Isabelle avaient accordée à Colomb ; mais le roi d’Angleterre n’imita pas la libéralité du roi d’Espagne et ne se chargea point des frais de l’expédition. Cabot, ses trois fils, leurs héritiers ou représentants, furent autorisés à naviguer à leurs propres frais dans les mers de l’est, du nord ou de l’ouest, avec une flotte de cinq vaisseaux, pour y découvrir les îles, contrées, régions ou provinces de gentils ou païens, restées jusqu’alors inconnues à la chrétienté, avec pouvoir d’y planter le drapeau anglais et d’en prendre possession comme vassaux de la couronne d’Angleterre. Le roi se réservait la seigneurie et le cinquième du produit net de l’expédition[1].

  1. R. Hildreth, t. I, p. 36.