Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/108

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nouvelles, je pris la liberté de lui envoyer un petit mandat, en le priant de vouloir bien en compter les fonds, s’il avait réussi comme il me l’avait fait espérer. Le mandat me revint sans avoir été payé. Huit jours après, M. A. m’annonça qu’il n’avait encore rien terminé, qu’il avait bien trouvé pourtant un imprimeur, mais qu’il lui demandait une préface ! — Qu’arrivait-il pendant ce temps-là ? — M. A., à qui j’avais envoyé mon manuscrit pour en tirer parti pour moi de la manière la plus convenable, en détachait quelques chants qu’il faisait insérer dans son journal, — c’était le Bon Sens, — entre autres celui intitulé la Naissance du fils du roi des Belges. Je ne l’ai su que fort longtemps après. »

Bref, Lacenaire n’ayant été ni imprimé, ni rétribué, par conséquent, sortit de Poissy sans argent, et, ce qui devait lui faire le plus de peine, mal vêtu. Il envoya quelqu’un près de M.A… L’intermédiaire en reçut cinq francs et les porta à Lacenaire.

Au bout de quelques jours, M. A… remit à Lacenaire lui-même trente francs, provenant d’une quête faite entre amis, et quelques objets d’habillement. Mais le chansonnier de Poissy ne retira rien autre chose de ses œuvres poétiques, n’eut aucun article inséré dans le journal le Bon Sens, comme il l’espérait, et ne fut imprimé qu’une seule fois dans la Tribune des Prolétaires, feuille supplémentaire attachée au journal, et dans laquelle on insérait les correspondances d’ouvriers.

Lacenaire en garda une profonde rancune à toute la rédaction du Bon Sens. À l’entendre, il ne recommença