Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/111

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tint parole et lui fit savoir qu’à sa sortie il trouverait un ami prêt à le recevoir.

Le libéré était resté longtemps dans la maison centrale et, toutes ses dettes payées, il avait touché une masse s’élevant à deux cents francs. Il avait été impossible de l’empêcher d’y toucher. Avant d’arriver à Paris seulement, quarante francs étaient déjà restés sur les comptoirs des marchands de vin de la route, et malgré les avis de son horrible mentor, Avril allait toujours son train. Il voulait s’achever à la Courtille ! Telle était son ardeur désordonnée pour la débauche, que, trouvant Lacenaire — Lacenaire ! — un censeur trop incommode, il s’était dérobé à son contrôle pour aller au jeu ! Le malheureux voulait se débarrasser de son argent avant d’aborder le crime.

« Il est certain, dit quelque part le sanglant rimeur, que j’étais une bonne fortune pour lui, et que, s’il eût voulu suivre mes conseils, nous aurions fait fortune ensemble ; car, outre l’affaire de la rue Montorgueil, j’avais de vastes plans inéchouables. Avril avait du courage et de la résolution ; il ne lui manquait que de savoir résister au vin. Du reste, c’est le défaut de presque tous les hommes de sa trempe. »