Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/133

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ces paroles imprudentes avaient été pour elle un arrêt de mort !

Sous prétexte de vendre des marchandises volées, Lacenaire l’avait attirée dans une chambre louée par lui, à l’hôtel de Picardie, faubourg Saint-Martin, no 8.

Quand Javotte entra dans la pièce, elle ne vit pas les marchandises et demanda où elles étaient.

— Dans le dernier tiroir de la commode. Regardez ça ! répondit Lacenaire qui, fidèle à son système, attendait que Javotte se baissât pour la frapper par derrière.

— Il me semble que vous pouvez bien vous déranger, dites donc, M. le marquis, et me donner votre paquet vous-même, répliqua-t-elle avec ironie au prétendu vendeur.

— J’ai une courbature et ne peux me remuer aujourd’hui, ma petite. Allons, soyez gentille, il y a là de la dentelle et des bijoux que je vais non pas vous vendre, mais vous donner, et la chose vaut bien que vous vous baissiez pour la prendre.

— Allons, allons, c’est bon, M. de la Grinche[1], dit Javotte radoucie.

Elle s’était déjà courbée pour ouvrir la commode désignée, lorsqu’en se retournant inopinément, elle vit aux mains de Lacenaire un tire-point que celui-ci venait de tirer de sa poche de côté.

— Qu’est-ce que c’est que ça ?… qu’est-ce que c’est !… dit-elle en avançant sur lui…

  1. Grinche en argot veut dire voleur.