Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/137

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Qui nous aiment tant !… Merci !… Je voudrais bien voir un de ces êtres si inoffensifs vous avaler votre dîner et vouloir manger la main de votre femme, pour voir si vous les trouveriez aussi doux que cela… Montre donc à monsieur ce que cet odieux chat t’a fait, continua le maître du matou en s’adressant à une jeune femme présente à l’entretien.

La dame présenta alors au nouveau venu sa main rayée de coups de griffes, et tout ensanglantée par une morsure.

— Ah Dieu ! dit le voisin, pâlissant et se trouvant presque mal à cette vue, c’est affreux ! — Ma foi, reprit-il après une pause et comme remis de son émotion, je ne vous en veux plus : — il y a des circonstances atténuantes.

Cet homme, si sensible pour les chats, on l’a deviné, c’était Lacenaire. Il pensait sans doute déjà à la Cour d’assises, où nous ne tarderons pas le voir paraître.


CHAPITRE XXI.

Les marchands de bœufs de Poissy. ― Guet-apens pour les tuer. ― L’estaminet. ― Garni de la mère Gérard.


Malgré ses préoccupations et ses craintes relativement à la cour d’assises, Lacenaire cherchait toujours des victimes. Il se trouvait, durant une nuit, dans le