Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/149

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humeur, ne voulaient pas priver les préteurs nécessiteux de leurs effets. Ils attelèrent le bidet à la carriole, et, vêtus de blouses, comme deux honnêtes blanchisseurs de la campagne qui vont distribuer le linge chez leurs pratiques, ils replacèrent sur une borne, à l’endroit où ils les avaient pris la veille, les paquets des pauvres gens. On ne nous a pas dit ce qu’ils firent des moyens de transport.


CHAPITRE XXIII.

Meurtre de la tante Chardon. ― Plaisirs d’assassins. ― Une déclaration de principes.


Lacenaire avait connu à Poissy, en 1829, un nommé Chardon, détenu pour vol et attentat aux mœurs, que les prisonniers ne désignaient que sous le nom de la tante Madeleine. Ce condamné, affligé déjà d’une détestable réputation avant son incarcération, n’avait pas changé de conduite en prison ; mais, avant comme après son séjour à la maison centrale, il cherchait à cacher ses vices sous les dehors de la religion, et vendait des emblèmes de dévotion en verre filé. Il avait ajouté à son nom celui de frère de la charité de Sainte-Camille, et dans une pétition adressée à la reine Marie-Amélie, il demandait le rétablissement d’une maison hospitalière pour les hommes.

Il occupait avec sa mère, la veuve Chardon, vieille femme presque septuagénaire, inscrite au bureau de chanté, un petit logement au premier étage, dans