Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/15

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ce Lacenaire, qui est resté dans l’imagination populaire comme le type du scélérat poli, méthodique et lettré.

C’est la vie de ce criminel célèbre, avec ses épisodes ignorés et ses crimes restés dans l’ombre ; c’est son existence agitée et sa mort si controversée que nous nous proposons de raconter dans ce livre.


CHAPITRE II.

La famille d’un criminel. ― Stérilité et fécondité malheureuse.


Pierre-François Lacenaire naquit, en 1800, à Francheville, village situé aux environs de Lyon, et fut le quatrième enfant d’un homme déjà vieux.

Son père, originaire de la Franche-Comté, et l’aîné d’une famille de cultivateurs, avait été pris en amitié par son curé et le seigneur de son village. Grâce à leur double protection, il reçut du premier des leçons de lecture, d’écriture, de calcul et d’orthographe, et du second, quelques lettres de recommandation pour des personnes de Lyon.

Avec ce léger bagage intellectuel, une santé de fer et une bourse contenant trente écus, le jeune campagnard vint en 1765, à l’âge de vingt ans, chercher fortune dans cette ville, et ne tarda pas à entrer chez MM. Albert frères, marchands de fer en gros.

Après une dizaine d’années d’efforts persévérants, le jeune commis gravit toute l’échelle des emplois subal-