Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/168

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CHAPITRE XXVI.

Faux en Bourgogne et en Franche-Comté. ― Le vertige du sang. ― Le doigt de Dieu.


En se rendant en Franche-Comté, notre voyageur rencontra à Dijon quelqu’un qui l’avait connu à Lyon : comme l’argent qu’il portait sur lui l’embarrassait en route, il pria cet individu de le lui échanger contre de l’or. L’or était rare dans le chef-lieu de la Côte-d’Or, et le porteur de ces espèces ne put être satisfait ; mais la même personne s’offrit à lui faire avoir sur Paris une traite et il accepta la proposition. Cette traite était souscrite par la maison veuve Drevon, de Dijon, sur MM. Delamarre-Martin Didier, de Paris.

En la lisant, il conçut rapidement tout un plan d’escroquerie consistant en ceci : se faire fabriquer à Paris des vignettes semblables à celles que portaient les effets de commerce de la maison veuve Drevon, contrefaire le billet qu’il avait en main, se faire payer le faux et revenir après négocier la véritable valeur en Bourgogne, avant que les diverses maisons eussent pu communiquer entre elles. Il comptait en même temps en négocier beaucoup d’autres, et ne voulant pas, à cause de cela, être arrêté dans son premier essai chez MM. Delamarre-Martin Didier, il pria le commis de madame Drevon de ne pas