Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/167

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nulle trace à Paris, — il le croyait du moins, — et qui avait répandu sans se gêner le prix du sang dans les estaminets les plus fréquentés des boulevards, Lacenaire devait aller se faire prendre dans une petite ville de province, ou, pour mieux dire, se mettre lui-même dans la main de la justice, et, chose surprenante ! raillerie de la destinée ! c’est pour avoir commis une simple négligence dans les formalités qu’on exige du voyageur que l’assassin devait se trouver arrêté dans sa marche !

Il fit une grande quantité de faux en province, et, lorsque, plus tard, le juge d’instruction le pressait de questions à ce sujet, le meurtrier ayant à expliquer bien autre chose que ces peccadilles, répondit avec une narquoise impatience.

— Tenez, monsieur, vous me faites en ce moment l’effet d’un chirurgien qui s’amuserait à enlever des cors aux pieds à un homme dont il va couper la jambe.

Le mot est joli, et la comparaison d’une excessive justesse. Nous ressemblerions donc nous-même à cet opérateur, eu racontant les petites filouteries de Lacenaire après ses odieux attentats, si les détails des simples délits qui amenèrent son arrestation n’étaient pas là pour prouver qu’il y a pour le criminel une fatalité inévitable.