Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/175

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constance au lieutenant de gendarmerie et d’y insister fortement. L’officier ne sachant trop que dire, lui proposa de l’accompagner chez le juge d’instruction. On y mena aussi le banquier. Le prétendu Jacob Lévi expliqua son affaire au magistrat, qui avait l’air déjà fortement prévenu contre lui. Il s’attacha d’abord à faire disparaître cette prévention, et opposa de nouveau au juge, avec encore plus de force, le moyen de défense si péremptoire dont il avait déjà fait usage près du lieutenant. M. Prasson, convint que la proposition d’encaissement et le refus de l’argent lui avaient été faits par l’inconnu.

— S’il y a des faux dans cette affaire, dit Lacenaire, j’en suis la première victime, et le délit ne peut provenir que du fait du premier endosseur, avec lequel je n’ai eu nullement affaire, car je ne suis que le troisième !

Cette explication était si claire, qu’il allait l’emporter et être mis en liberté, lorsqu’une autre catastrophe lui survint. Une meute invisible semblait être à ses trousses !

Un négociant de la ville, qui avait habité Lyon, l’ayant vu passer avec le lieutenant de gendarmerie, s’était écrié :

— Tiens ! je le connais ! c’est un escroc ! Je ne me souviens plus au juste de son nom, mais ça ne doit pas être Jacob Lévi, à coup sûr ! — il n’est pas israélite, toujours !

On conduisit cet homme au Palais de Justice. Il y arriva au moment où Lacenaire venait de signer sa déposition en qualité de témoin, et non comme prévenu. — Le lieutenant de gendarmerie entra dans le cabinet du juge d’instruction, lui parla à l’oreille, et il s’opéra ins-