Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/192

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après maintes recherches faites aux bureaux de la Préfecture, pour découvrir la trace de ce crime, soit par les rapports des agents, à cette date, soit par les déclarations des voisins, soit par la plainte même de la victime, on ne put découvrir aucune trace de cet attentat. Il paraît que la personne frappée jouait en secret et craignait de divulguer son vice.

— Je vous raconte cette affaire, disait Lacenaire à un fonctionnaire, parce que je l’ai faite seul, sans quoi je me tairais comme sur les autres.

— Pourquoi ne voulez-vous pas tout avouer, lui répondait-on, puisque le plus fort est fait, et que vous avez tout dit sur Chardon ?

— Pourquoi ? parce que je ne trahis que ceux qui me trahissent, et que je suis fidèle à ma parole.

— Vous auriez des adoucissements à votre sort.

— Aurai-je ma grâce pleine et entière ?

— Je n’en sais rien.

— Me jurez-vous votre parole d’honneur que je l’aurai ?…

— Ah ! par exemple, non, je ne puis pas m’avancer ainsi… Mais je puis vous assurer que vous vous en ressentiriez comme bien-être. Peut-être aurez-vous de l’argent…

— De l’argent ?… que m’importe l’argent !… — Croyez-vous qu’il me tente ? — Je n’en manque pas d’abord, et sachez donc une chose, c’est que si je sors d’ici, avec ce que je toucherais pour ma part dans différentes autres affaires, je serais plus riche que vous…

Il n’y avait pas moyen d’entamer un pareil homme, et