Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/198

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
Book important2.svg Les corrections sont expliquées en page de discussion


CHAPITRE XXXII.

Plan et cuisine d’un crime. ― Conversation philosophique et criminelle. ― Les deux agonisants de la Force.


Ici qu’on me laisse encore raconter, d’après Albert Monnier, une conversation des plus caractéristiques de Lacenaire. Je l’avais promise, du reste, à mes complaisants lecteurs :

Lacenaire ne voulut jamais dévoiler, comme on l’a déjà dit, que les deux crimes qui devaient faire tomber la tête de ses deux dénonciateurs, mais il aimait à en parler pour en faire ressortir l’habileté du plan et le fini des détails.

Un de ses interlocuteurs lui fit, un jour, cette objection :

— L’assassinat du garçon de caisse ne pouvait bien aboutir. Son cadavre abandonné sur le lieu du crime aidait à mettre sur vos traces. D’ailleurs, votre poignard pouvait se briser dans les plaies, la forme de sa lame, la nature des coups auraient indiqué s’il y avait eu lutte, et le nombre des complices ; en outre, la position du corps…

— Halte-là, interrompit Lacenaire… vos observations sont justes… mais je ne suis pas un niais… j’aurais fait disparaître le cadavre… ça rentre dans ma manière.

— Les cadavres disparaissent rarement, lui répliqua-t-on. Supposons que vous l’enterriez ? Un hasard peut