Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/229

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s’est servi rue Montorgueil, pour attirer rue de Sartines, 4, un garçon de recette de la maison Rothschild ?

R. Lacenaire me fit venir un jour dans cette rue-là, dans le logement d’un nommé Coutelier, et me dit qu’il allait faire venir un garçon de caisse auquel nous allions faire voir le tour. Alors il acheta deux tire-points et se mit à les aiguiser sur le carreau. Je lui demandai pourquoi faire : il me répondit que c’était pour assassiner le garçon de caisse. Je lui dis alors que je ne voulais pas, et je m’en allai.

Lacenaire. — Allons donc ! Le coup a manqué parce que le garçon de caisse n’est pas venu.

Avril — Non, monsieur, c’est faux !

M. le Président. — Continuez.

Avril. — Alors nous essayâmes de faire des escroqueries dans ce logement. Lacenaire alla se commander beaucoup d’habits, mais ces habits furent apportés par deux femmes, et alors le coup manqua. Il aurait fallu qu’il n’y eût qu’une femme pour faire l’escroquerie.

D. Comment cela ?

R. Oui, parce que je me serais caché dans la chambre du fond ; alors Lacenaire aurait emmené la femme en lui disant de venir toucher l’argent chez son notaire ; il l’aurait perdue dans la rue. Moi, sortant de la chambre, j’aurais pris les habits, je me serais sauvé, et j’aurais été rejoindre Lacenaire dans un endroit convenu.

M. le Président. — Cependant Lacenaire soutient que vous vous entendiez avec lui pour assassiner les garçons de recette ?

Avril. — Faux ! faux ! Lacenaire voulait assassiner