Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/233

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François. — C’est faux ! absolument faux !… Lacenaire a beaucoup plus de moyens que moi, je ne sais ni lire ni écrire, et il saura arranger sa défense de manière à me compromettre. Il me retournera comme un gant ; mais ce ne sont pas là des preuves. — Ce qui est vrai, le voici : Je sortais de ma chambre, rue de l’Égout, Lacenaire était avec un nommé Adolphe que j’ai vu à la Préfecture, en 1831. C’est ainsi que nous fîmes connaissance. Nous avons bu toute la journée, et comme j’étais pris de boisson et Lacenaire aussi, nous avons été ensemble dans son garni : je ne le connaissais pas avant.

M. le Président. — Un témoin dira pourtant que vous avez été loger avec Lacenaire chez ce Soumagnac ou Magny. C’est le même.

François. — Non, monsieur.

Lacenaire. — Nous y avons été tous deux.

François. — Vous êtes un fourbe !

M. le Président. — Pas d’injures… ne vous permettez pas des expressions semblables.

M. l’Avocat-général. — Dans l’instruction, vous avez avancé avoir couché avec Lacenaire chez Magny le 31 décembre.

François. — Je l’ai déjà dit, je me suis trompé d’un jour avec M. le juge d’instruction. J’ai confondu le 31 décembre avec le 1er janvier. C’est le 3 ou le 4 janvier seulement que nous avons été coucher chez Magny.

M. le Président. — Alors, vous vous seriez trompé deux fois : la première en disant avoir connu Lacenaire le 31 décembre, tandis que ce n’était que le 1er janvier, et la seconde en disant que vous n’aviez couché que le