Page:Lacenaire, éd. Cochinat, 1857.djvu/240

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Les précautions pour la sûreté des accusés et pour empêcher aucune lutte ont été augmentées encore. Les bancs réservés dans le prétoire sont garnis de dames élégantes ; la curiosité, loin de paraître épuisée par les révélations si complètes de la précédente séance, semble s’être encore accrue.

M. le Président. — Nous allons entendre les témoins : Le premier de ceux-ci est M. le docteur Beaufils. Appelé le 16 décembre pour constater la mort de Chardon et de sa mère, il rend compte de l’état des cadavres : Chardon fils, vêtu d’un gilet de flanelle et d’un autre gilet, portait les traces de blessures faites avec un instrument triangulaire et avec une hachette. Il paraissait avoir été assailli à la fois par deux meurtriers.

Le docteur reconnaît, comme avant pu servir à ce crime, les instruments trouvés sur le lieu même, le merlin et le carrelet emmanché dans un bouchon. Celui des assassins qui s’est servi du carrelet a dû se blesser à la main, parce que le bouchon s’est trouvé percé de part en part.

Lacenaire reconnaît le carrelet comme s’en étant servi.

M. le Président. — Avril, reconnaissez-vous la hache ?

Avril. — Je ne puis pas la reconnaître, monsieur le président, puisque je n’y étais pas.

Lacenaire. — C’est Avril qui a frappé Chardon avec la hache.

M. Beaufils décrit les plaies dont était couverte la veuve Chardon ; elle avait été frappée à coups de stylet et de couteau.